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Ma destination était une ferme triste dans le gris du soir, encadrée de cyprès rabougris qui lui donnaient un air d’autel oublié. Pas de route pour desservir la bâtisse, longue et basse, que ne pointait aucun panneau. Même l’aviation l’avait épargnée. J’avais perdu plus de trois heures pour la trouver, malgré ma carte d’état-major, au point de regretter d’avoir imposé un congé à mon chauffeur. Trois heures d’errance, de mauvaises intuitions et de champs traversés au ralenti, phares éteints pour ne pas attirer l’attention – mais qui d’autre pour errer dans cette campagne détrempée ?

Illustration : ferme, photosnormandie, 1944, CC BY-SA 2.0

La carrière de Stéphane Beauverger est jalonnée, en dehors de son activité de scénariste de jeu vidéo, par la publication d’ouvrages remarquables dans le paysage de la science-fiction française, notamment aux éditions La Volte. Le Déchronologue, son dernier roman paru en 2009, a été récompensé par le prix du Lundi (2009) et le Grand Prix de l’Imaginaire (2010). Il est également prolifique au format court et a déjà publié plusieurs nouvelles, dans les trois recueils des éditions La Volte : Ceux qui nous veulent du bien (2010), Le Jardin Schizologique (2010) et Faites demi-tour dès que possible (2014) ainsi que dernièrement dans le Bifrost n°77 (2015).


Avec La Couleur des angles morts, il nous offre une nouvelle à travers laquelle il révèle un peu plus son intérêt pour les récits horrifiques et rend ainsi un hommage à un de ses auteurs fétiches, Howard Phillips Lovecraft.

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Je finis par craquer et par ouvrir le mail. J’en recevais un exemplaire par jour depuis deux semaines. Tout donnait à penser qu’il s’agissait d’un spam, sans doute porteur d’un virus assassin qui s’introduirait sournoisement dans la mémoire de mon ordinateur pour détruire ce qu’il y trouverait, mais j’en arrivais à me dire qu’un petit coup d’œil rapide ne pouvait pas faire de mal.

Chaque jour, depuis deux semaines, la même accroche apparaissait dans ma boîte de réception : Voyage Temporel à Prix KC. Chaque jour, depuis deux semaines, je l’effaçais, en même temps que les offres de cachets destinés à améliorer ma vie sexuelle, les propositions de contrats avec des hommes d’affaires africains prospères ou les annonces d’occasions uniques de perdre mon argent dans un casino virtuel.

Illustration : Horloge, musée d’orsay, JD Baskin, CC BY 2.0

Inutile de vous présenter Christopher Priest : les romans de l’auteur anglais sont presque tous traduits en France (notamment chez Denoël depuis plus de quinze ans) et ont reçu de nombreux prix, tant chez nous qu’à l’étranger. Si en plus de quarante ans de carrière il a surtout pratiqué la forme longue, L’Eté de l’infini, un recueil de ses meilleurs nouvelles, devrait paraitre au Bélial’ en septembre 2015.


Nous vous proposons un texte totalement inédit à l’écrit : commandé par la BBC pour un programme de fictions radiodiffusées, Futouristic.co.uk n’a jamais été publié. C’est l’occasion de découvrir une facette inhabituelle de l’écrivain : un texte léger, humoristique, au style plus décontracté pour mieux passer à l’oral, ce qui ne l’empêche pas de posséder la griffe unique de Christopher Priest. Une histoire qui se dévoile peu, ouvrant des pistes que l’esprit du lecteur devra compléter.

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La voiture cahote sur quelques mètres, son ronflement diminue, puis tout s’arrête. Marie, assise à côté de moi, laisse échapper un petit cri. Les secondes qui suivent sont celles du silence. Et les secondes qui suivent encore, celles de la forêt. Elle nous chante, elle nous parle et peu à peu, sa vie vient s’immiscer dans la voiture. Elle nous accueille. Elle me glace le sang.

Illustration : Dark Forest, Roman Schurte, CC0 1.0

Le jour, Stéphane Meyer travaille dans le cinéma en tant qu’assistant de direction. La nuit, il développe de multiples projets d’écritures et s’essaye à la nouvelle. Il nous a soumis son court texte Moi, la forêt et nous avons été séduit par son caractère incisif, efficace et véritablement décalé. En très peu de mots, il tisse une ambiance bizarre, un road trip avorté, avant de nous emporter, à travers la description des relations entre les personnages, dans une direction surprenante. Stéphane nourrit un goût particulier pour le fantastique, la science-fiction et l’absurde, et nous prouve qu’il a les moyens de se faire une place, quelque part entre les genres.

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Avez-vous réfléchi à ce que vous ferez si vous n’êtes pas jugée apte à embarquer pour cette mission ? Plusieurs reportages ont démontré combien il est difficile pour les navigants réformés de se réintégrer dans la société ; les femmes, en particulier, sont souvent traitées en parias. En tant que femme, justement, que ressentez-vous à l’idée que la procédure Kushnev vous rendra définitivement stérile ?

Illustration : space shuttle program, San Diego Air and Space Museum Archive

Editée en France depuis peu par les éditions Tristram, Nina Allan publie des nouvelles dans les revues anglophones depuis une quinzaine d’années. Adepte des structures littéraires non linéaires, elle crée des liens entre ses textes et ses recueils forment un tout supérieur à la somme des récits les composant. Son premier recueil traduit, Complications, a gagné le Grand Prix de l’Imaginaire 2014, catégorie nouvelle étrangère.


A l’assaut du ciel, paru dans la revue anglaise Interzone en 2010, fut sélectionné pour les British Science Fiction Award ainsi que par l’éditeur américain Gardner Dozois pour son anthologie annuelle Year’s Best SF. Ce récit intimiste autour de deux femmes mêle post-humanisme et relations affectives : alors que l’une perd son humanité pour voyager, l’autre, à travers cet amour platonique, renoue avec son histoire familiale. Deux caractères forts pour un texte particulièrement poignant.

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