jimbrickett

Les mains de son mari arrivèrent à la maison un vendredi. Rebecca avait été informée de l’attaque qui avait coûté la vie à sept soldats de l’unité et en avait réduit trois autres, comme son époux, à des fractions minimales d’eux-mêmes : un homme à qui il manquait la partie supérieure du corps, un deuxième dont le bas avait disparu, un troisième tranché en deux net, semblable aux sections en coupe exposées dans les laboratoires d’anatomie.

Au moment de la rédaction de cette introduction, le dépôt de bilan de la maison d’édition Eclipse rend incertain le sort du premier roman traduit en français d’Adam Troy Castro, Emissaries From The Dead. Les lecteurs français qui se réjouissaient de découvrir la série d’Andrea Cort devront malheureusement encore attendre. Pour les faire patienter, Angle Mort, après la très remarquée Véelles dans le n° 2, publie une autre nouvelle choc de l’auteur américain : Les mains de son mari. Castro fait une nouvelle fois mouche avec sa façon d’aborder le réel et ses traumatismes par une science-fiction aux limites de l’absurde.

AdamKR
© AdamKR

Les angles du visage de Viviane Delatour se déforment en un sourire cubiste. Sa main se glisse sous la manche de mon tailleur et s’arrête, mygale de chair, juste au-dessus de mon poignet. Un frisson court sur ma nuque. La nausée me fait chanceler. Ian se précipite sur la praticienne et lui murmure quelques mots à l’oreille. Elle relâche lentement son emprise, comme à contrecœur.

Originalité, maîtrise de l’écriture, étrangeté : Resolute Bay est un texte mêlant toutes ces qualités et qui avait donc tout pour nous plaire. C’est également un récit dont il faut parler le moins possible, pour ne pas gâcher la surprise du lecteur.

Lucia Renart, son auteure, est adaptatrice de séries et de films dans le civil, passionnée de pop culture et de musique indé (la simple mention de My Bloody Valentine a touché la corde sensible de certains membres de la rédaction). Si la nouvelle est la deuxième qu’elle ait jamais écrite, elle signe ici, en revanche, la première publication d’un écrivain que l’on aimerait relire vite.

Mykl Roventine

Deux semaines se sont écoulées depuis la disparition de l’expédition Wu.

Nous sommes réunis autour du module de commande op-sys du planétoïde de Berezhinsky, dans le quadrant sigma des guildes de l’univers d’Ashkelon. La lumière est douce, et une musique discrète nous sert de fond sonore. Dehors, par le hublot, il pleut des lignes de code.

Présents dans le module : moi, Code Dauphin, Sergueï et Hong.

Notre tâche… découvrir ce qu’il s’est passé, bordel de merde !

Si Éric Holstein nous plonge dans les coulisses du soap opera, Lavie Tidhar, lui, se frotte à un autre pan de la production de loisirs culturels mondialisés : le jeu vidéo. En dire plus risquerait de gâcher le plaisir. Contentons-nous de présenter Tidhar, auteur israëlien qui, en deux mois, voit paraître deux de ses nouvelles en français (la seconde dans l’anthologie Monstres aux Éditions Céléphaïs), après une poignée d’autres, dont une dans la revue Galaxies. Son dernier ouvrage, Osama, une uchronie dans laquelle le terrorisme islamiste n’existe pas et où Ben Laden est un héros de polars, vient d’être nommé dans la catégorie meilleur roman par la British Science Fiction Association. Une belle carte de visite…

dno1967b

Nous y voilà ! La Mer des Sargasses de toute carrière de comédien. Culver City par une matinée de printemps californien. Agréable chaleur et la senteur humide des bosquets entretenus par les jardiniers des studios. Devant les fenêtres de la direction, un Noir à réservoir repeint l’herbe en vert tendre. Il est 7 h 25, je suis à l’heure.

Le parking est clairsemé. Au milieu des pick-ups des techniciens je remarque un coupé Shelby de 69, une Buick Le Sabre et une Corvette C4. On roule vintage chez Schneider Broadcasting ! Ma vieille Nissan ne fera pas si tâche que ça, finalement.

En deux romans et une poignée de nouvelles, Éric Holstein est entré dans la catégorie des jeunes auteurs français à suivre. Son dernier livre, une uchronie colombienne intitulée D’Or et d’émeraude (Éditions Mnémos), a récolté un beau succès public et critique. Gageons que ce passionné de rock et de littérature ne va pas s’arrêter là !

Glamour Über Alles, la nouvelle publiée dans ce numéro, ressemble à un cauchemar ensoleillé, une descente aux enfers feutrée dans l’odeur des orangers. On y trouve des vapeurs de La Quatrième Dimension modernisée tant dans le fond que la forme. L’envers du décor hollywoodien version Holstein.

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